BREIZH ISTOR /LA RÉVOLTE DES PENN SARDIN / 23 NOVEMBRE 1924 / DOUARNENEZ

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BREIZH ISTOR /LA RÉVOLTE DES PENN SARDIN / 23 NOVEMBRE 1924 / DOUARNENEZ

Message par Admin le Mar 27 Nov - 19:54

Les GRANDES GRÈVES de DOUARNENEZ & l'HISTOIRE DE JOSÉPHINE PENCALET : 1ère FEMME ÉLUE dans un CONSEIL MUNICIPAL en BRETAGNE


Dans les années 1920 , 21 CONSERVERIES emploient la majorité des FEMMES de la ville et ce à partir de 12 ans. Elles sont corvéables à merci et peuvent travailler 72 heures d’affilée.

Les CONDITIONS de TRAVAIL déplorables, la flambée des prix et leur SALAIRE de MISÈRE font que les SARDINIÈRES OUVRIÈRES vont se soulever violemment contre leurs patrons.
Elles vont être appelées « PENN SARDIN » (Tête de Sardine).

Les ouvrières sardinières, munies de sabots et de coiffes bretonnes, pas pour le folklore mais par mesure d’hygiène , travaillent jour et nuit. Quand le poisson débarque à l’usine, les ouvrières accourent à l’usine pour le traiter rapidement.

Le 23 novembre 1924, les ouvrières de la fabrique CARNAUD se mettent en grève. 2000 femmes se battent pour obtenir une augmentation de salaire ( de 0,80ct à 1franc/ horaire).Elles ne cèderont pas devant la colère des patrons, les violentes pressions des briseurs de grève et leur perte de salaire.

Début décembre 1924, ce sont 4000 ouvrières qui manifestent dans les rues. Enfin le 8 janvier 1925, après 50 jours de bataille acharnée, les patrons cèdent. Les sardinières obtiennent 1 franc/horaire, avec heures supplémentaires et reconnaissance du Droit Syndical.

Aujourd’hui des 21 conserveries de Douarnenez, il n’en reste que 3. Mais le souvenir des PENN SARDIN restent présents dans les mémoires pour saluer leur courage et leur force face à un patronat tout-puissant.

2- La 1ère FEMME élue en BRETAGNE : JEANNE PENCALET


Au lendemain de la grève, une SARDINIÈRE se démarque de la foule des grévistes, car elle est veuve et n’a donc pas de mari qui pourrait l’empêcher de se PRÉSENTER aux ÉLECTIONS :

JOSÉPHINE PENCALET.


Cette dernière figure alors sur la liste du maire sortant, Daniel Le Flanchec, lors des ÉLECTIONS MUNICIPALES.
Malgré une victoire au premier tour, elle ne pourra participer aux délibérations du conseil municipal que quelques mois : son ÉLECTION sera INVALIDÉE par le Conseil d’État au motif qu’elle est une FEMME (les femmes n’obtiendront le DROIT de VOTE en France qu’en 1945 soit 20 ans plus tard).


Sans aucun soutien de son parti, elle retourne alors à sa condition de simple ouvrière avec amertume et le sentiment d’avoir été manipulée : pourtant, on se souviendra d’elle comme de la première femme élue en Bretagne.

https://www.gastonballiot.fr/revolte-sardinieres-1924-douarnenez-1926_bigoudennie/?fbclid=IwAR2uwfdmIHpd1bwYnXT4jRXZ3MwGdNMTWYOD7Y4Sd8YcM8jFPNTTFAgR05E



Chanson des Penn Sardin:




source facebook




Vendredi, 19 Juillet, 2013
Douarnenez Ces sardinières qui ont su tenir tête à leurs patrons


En 1924, une immense grève éclata à Douarnenez. Les « Penn Sardin », ouvrières des usines de conserverie de sardines, ont bataillé pour obtenir une augmentation de salaire. Elles ne lâchèrent rien, malgré les nombreuses intimidations 
des patrons.

Douarnenez (Finistère, Bretagne), envoyée spéciale. À ces mots, la France du début du XXe siècle imagine un lieu de conformisme où les familles vivent de l’exploitation des champs et où règne un certain conservatisme. Pourtant, cette commune de 12 259 habitants étonnera lors des municipales de 1921 en élisant le premier maire communiste de France, Sébastien Velly. Mais un autre souvenir marque également la mémoire collective. Car, trois ans plus tard, une formidable grève qui, dans son domaine n’avait pas de précédent, va éclater. Les sardinières, ouvrières travaillant dans les usines de conserverie, vont se soulever violemment contre leurs patrons. Penn Sardin (Tête de sardine) était leur surnom.

Munies de sabots et de coiffes bretonnes, pas pour le folklore mais bien par mesure d’hygiène, elles travaillaient jour et nuit. « Quand le poisson débarquait, les ouvrières devaient accourir jusqu’à l’usine pour le traiter rapidement », se souvient Michel Mazéas, maire PCF de Douarnenez pendant vingt-quatre ans, dont la mère fut l’une d’entre elles. Et, pour le savoir, des jeunes filles couraient à travers la ville en criant « À l’usine ! À l’usine ! » Douarnenez comptait alors 21 conserveries. Les rues vivaient au rythme de l’arrivée des poissons. À ce moment-là, la majorité des femmes travaillent, excepté les épouses de notables. Les « petites filles de douze ans » prennent aussi le chemin de l’usine, écrit Anne-Dénès Martin dans son livre Ouvrières de la mer. « Aucune législation du travail n’était respectée, pour les patrons cela ne comptait pas », renchérit Michel Mazéas. Et si la pêche était bonne, les femmes pouvaient travailler jusqu’à soixante-douze heures d’affilée ! Pour se donner du courage, elles chantaient. « Saluez, riches heureux / Ces pauvres en haillons / Saluez, ce sont eux / Qui gagnent vos millions. » Certaines sont licenciées pour avoir fredonné ce chant révolutionnaire dans l’enceinte de leur usine. Conditions de travail déplorables, flambées des prix, salaires de misère, c’en est trop. Le 20 novembre 1924, les sardinières de la fabrique Carnaud vont décider de se mettre en grève. Elles demandent 1 franc de l’heure, alors que le tarif de rigueur est de 80 centimes. Les patrons refusent. « L’ambiance est tendue », écrit Jean-Michel Boulanger, dans un livre consacré à une figure locale qui deviendra mythique par son engagement auprès des sardinières : Daniel Le Flanchec, maire communiste de 1924 à 1940. « Pour cette classe sociale très à part, il n’était pas envisageable d’entamer des discussions avec les ouvriers. C’était même en accord avec le préfet », raconte encore Michel Mazéas.

Trois jours plus tard, un comité de grève est mis en place. Le lendemain, ce sont les 2 000 sardinières qui arrêtent le travail et marchent dans les rues de Douarnenez. Une pancarte est dans toutes les mains : « Pemp real a vo » (« Ce sera 1,25 franc »). Aux côtés des femmes, Daniel Le Flanchec. Ce « personnage éloquent, tonitruant », comme le décrit Michel Mazéas, et que les sardinières appellent leur « dieu », leur « roi », accompagne le mouvement. Un meeting se tient début décembre sous les Halles. Il réunit plus de 4 000 travailleurs et des élus. Le 5 décembre 1924, l’Humanité titre : « Le sang ouvrier a coulé à Douarnenez ». Le journaliste raconte comment une « charge sauvage commandée par le chef de brigade de Douarnenez piétina vieillards et enfants ». Ordre venant du ministre de l’Intérieur. L’élu communiste, en voulant s’interposer devant l’attaque des gendarmes, sera suspendu de ses fonctions pour « entrave à la liberté du travail ». La tension monte, les patrons ne veulent toujours pas négocier, des casseurs de grève s’immiscent dans le mouvement. Dans le même temps, des représentants syndicaux et politiques de la France entière se joignent aux grévistes. C’est dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier que tout va basculer : des coups de feu retentissent. Des cris se font entendre : « Flanchec est mort ! » Il est retrouvé blessé dans la rue. La colère explose. L’hôtel des casseurs de grève est saccagé. Un chèque y sera retrouvé, signé de la main d’un des patrons d’usine. Les conservateurs, qui ont tenté d’assassiner l’élu, avoueront plus tard qu’ils voulaient « seulement combattre le communisme ». Finalement, le 8 janvier, après près de cinquante jours de bataille acharnée, les patrons céderont. Les sardinières obtiendront 1 franc horaire, avec heures supplémentaires et reconnaissance du droit syndical. L’une d’entre elles sera même élue au conseil municipal. Mais, les femmes n’ayant pas encore le droit de vote, la liste sera invalidée. « Cet épisode aura un impact énorme en France. On en parlait partout : à la Troisième Internationale, à l’Assemblée nationale. Des vivres et de l’argent arrivaient de tous les coins de l’Hexagone », raconte Michel Mazéas. Daniel Le Flanchec, déporté pour avoir refusé de retirer le drapeau français du fronton de la mairie, périra dans un camp nazi. Aujourd’hui, des vingt et une conserveries que comptait Douarnenez, il n’en reste que trois. Et leur production est pourtant mille fois supérieure à celles d’alors.



Les sardinières au XXIe siècle

À Douarnenez, le port-musée de la ville est ouvert tout l’été 
et consacre deux parties de son exposition permanente 
à l’histoire de cette industrie. Informations sur 
www.port-musee.org. On trouve au musée des Beaux-Arts 
de Quimper la peinture d’Alfred Guillou sur les Sardinières 
de Concarneau. À voir, le film les Penn Sardines (2004), 
de Marc Rivière, fiction qui a pour toile de fond cette révolte. Enfin, Claude Michel, chanteuse locale, a consacré quant à elle des albums à ces airs fredonnés alors dans les usines.




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Re: BREIZH ISTOR /LA RÉVOLTE DES PENN SARDIN / 23 NOVEMBRE 1924 / DOUARNENEZ

Message par Admin le Mar 27 Nov - 20:11

La révolte des Penn Sardin (Douarnenez 1924)

Douarnenez, ville du Finistère en Bretagne, actuellement peuplée de près de 15000 habitants, devint au XIXème siècle le premier port sardinier de France, où l’on emboîtait aussi les sardines.



En 1900, on comptait 5600 marins pêcheurs, et 26 conserveries employaient près de 3000 personnes, en majorité des femmes. La vie était difficile, « Les pêcheurs de Douarnenez et Concarneau habitent presque tous dans de grands et nauséabondes casernes ouvrières (…). L’odeur de ces chambres, habitées souvent par quatre à six personnes, n’a pas d’équivalent.


L’âcre saveur du poisson avancé domine. (…) L’alcoolisme dégrade les sardiniers ; eaux-de-vie de grains, tafias monstrueux, « gwin-ardent », gouttes incendiaires (…) » (https://fr.wikipedia.org/wiki/Douarnenez) https://fr.wikipedia.org/wiki/Douarnenez . L’exploitation y règne et la ville connaît des luttes sociales. En 1921, elle élit la seconde municipalité communiste de France et gagne le surnom de « Ville rouge ». Avant l’introduction du suffrage féminin, la municipalité élit une femme, Joséphine Pencalet, une décision qui sera invalidée par la préfecture.

En tout cas depuis le XVIIIème siècle, on appelle les habitants de Douarnenez « penn sardinn », en breton têtes de sardines, nom qu’on donnera aussi aux coiffes portées par les femmes de la ville. C’est aussi pourquoi on appelle « penn sardin » les sardinières, ouvrières des conserveries, qui menèrent d’importantes luttes sociales au début du XXème siècle.

« Les femmes d’usine, dit Jean-Michel Le Boulanger, « ont écrit des pages parmi les plus belles de l’histoire de Douarnenez. La ville leur doit beaucoup… » Les Penn Sardin de Douarnenez ont déjà fait grève en 1905 pour obtenir d’être payées à l’heure, et non plus au cent de sardines. La grève de 1924, « la grande grève », porte sur une revalorisation du salaire.



Cette année-là, Douarnenez compte 21 usines de conserve. Les ouvrières, qu’elles aient 12 ou 80 ans, gagnent 16 sous de l’heure. Elles travaillent en principe dix heures par jour, mais parfois jusqu’à 72 heures d’affilée. Les patrons ignorent la loi des huit heures de 1919. Les heures passées à l’usine dans l’attente du poisson ne sont pas payées, les heures supplémentaires ne sont pas majorées, les heures de travail de nuit (en principe interdit pour les femmes) ne sont pas majorées23. Les revendications vont porter sur tous ces points. (Dominique Roger, dans les Chroniques de l’Histoire, rappelle qu’une semaine de 125 heures rapporte 100 francs et qu’1 kg de pain vaut 1,15 francs, on dépense presque 10 % du salaire pour le pain !))
La grève commence le 21 novembre dans une fabrique de boîtes. Elle s’étend le 25 à toutes les usines du port. Les 1 600 femmes (sur 2 100 grévistes), sont chaque jour en première ligne des manifestations22, au cri de « Pemp real a vo ! » (« Cinq réaux ce sera », c’est-à-dire 25 sous, ou 1,25 franc). Les patrons sont intraitables. Et les choses s’enveniment dans la deuxième quinzaine de décembre lorsqu’ils font appel à 16 « jaunes » (briseurs de grève), recrutés dans une officine spécialisée de la rue Bonaparte, à Paris. Le préfet destitue le maire communiste, Daniel Le Flanchec. La grève « déborde Douarnenez. Elle devient un enjeu national. » Le 1er janvier 1925, au débit L’Aurore, les jaunes tirent plusieurs coups de feu sur Le Flanchec, l’atteignant à la gorge, blessant grièvement son neveu et touchant quatre autres personnes.


On apprend que deux conserveurs, Béziers et Jacq, ont remis aux jaunes la somme de 20 000 francs (l’équivalent de 25 000 heures de travail de leurs ouvrières). Ils risquent la cour d’assises. Le préfet menace de porter plainte contre le syndicat des usiniers. Le 7 janvier, ce dernier pousse à la démission ses membres les plus durs. Le 8 janvier, après 46 jours de grève, des accords sont signés : toutes les heures de présence à l’usine sont désormais payées, les femmes obtiennent un relèvement de leur salaire horaire à un franc, une majoration de 50 % des heures supplémentaires et de 50 % pour le travail de nuit ; aucune sanction pour fait de grève ne sera prise.


Considérée comme « exemplaire » par la CGTU, la grève des Penn Sardin marque une date dans l’histoire des luttes syndicales. »
https://fr.wikipedia.org/wiki/Penn_Sardin

La chanson Saluez riches heureux, sans doute une création collective qui aurait été chantée pour la première fois en 1909 dans le Tarn par les mégissiers (travailleurs du cuir), a été reprise en 1924 dans les sardineries de Douarnenez. Je donne ici l’interprétation de Marie-Aline Lagadic et Klervi Rivière, dans l’album Le Chant Des Sardinières, Keltia Musique, 2006.

Chaque matin, au lever de l’aurore,
Voyez passer ces pauvres ouvriers,
La face blême et fatigués encore,
Où s’en vont-ils ? se rendre aux ateliers,
Petits et grands les garçons et les filles,
Malgré le vent, la neige et le grand froid,
Jusqu’aux vieillards et les mères de famille,
Pour le travail ils ont quitté leur toit

REFRAIN:
Saluez riches heureux, ces pauvres en haillons,
Saluez ce sont eux qui gagnent vos millions.

Ces ouvriers en quittant leur demeure
Sont-ils certains de revenir le soir ?
Car il n’est pas de jour ni même d’heure
Que l’on en voit victime du devoir,
Car le travail est un champ de bataille
Où l’ouvrier est toujours le vaincu
S’il est blessé qu’importe qu’il s’en aille,
A l’hôpital puisqu’il n’a pas d’écu.

Saluez riches heureux, ces pauvres en haillons,
Saluez ce sont eux qui gagnent vos millions.

Combien voit-on d’ouvriers, d’ouvrières
Blessés soudain par un terrible engin,
Que reste-t-il pour eux, c’est la misère,
En récompense d’aller tendre la main,
Et sans pitié, l’on repousse ces braves
Après avoir rempli les coffres d’or,
Les travailleurs ne sont que des esclaves
Sous les courroux des maîtres du trésor.

Saluez riches heureux, ces pauvres en haillons,
Saluez ce sont eux qui gagnent vos millions.

Que lui faut il à l’ouvrier qui travaille,
Etre payé le prix de sa sueur,
Vivre un peu mieux que couché sur la paille,
un bon repos après son dur labeur
Avoir du pain au repas sur la table,
Pouvoir donner ce qu’il faut aux enfants,
Pour son repos, un peu de confortable
Afin qu’il puisse travailler plus longtemps

Saluez riches heureux, ces pauvres en haillons,
Saluez ce sont eux qui gagnent vos millions.

Saluez riches heureux, ces pauvres en haillons,
Saluez ce sont eux qui gagnent vos millions.



La chanson se termine par le slogan de la grève de 1924: « Pemp vel a vo » ! « nous voulons nos 5 sous »

http://cgt-dieppe.over-blog.com/article-saluez-riches-heureux-119692801.html



Et voici une belle chanson dont l’air est traditionnel et dont les paroles ont été écrites par Jean-Luc Rougnant, La révolte des sardinières. Elle est ici interprétée par le choeur d’hommes de Lorient Les Gabiers d’Artimon, sur une vidéo très bien illustrée (une autre chanson sur le sujet a été écrite par la chanteuse et accordéonniste bretonne Claude Michel, voir sur You Tube, »Penn Sardin » de madame Claude Michel (grève des Sardinières, Douarnenez 1924) english subtitle).




Solidarité et courage pour toutes celles et tous ceux qui, sur tous les continents, se battent encore aujourd’hui pour améliorer leurs conditions de vie !
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