RAMONEURS SAVOYARDS

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RAMONEURS SAVOYARDS

Message par Admin le Mer 26 Déc - 22:35


https://www.facebook.com/photo.php?fbid=2291951174369255&set=gm.1981143535314739&type=3&theater


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Au XIXe siècle, la tradition des petits ramoneurs savoyards amenait certains enfants de Savoie à partir sur les routes de France pour aller ramoner les cheminées dans les villes, afin de fuir la pauvreté des familles nombreuses. Le petit ramoneur est devenu l'emblème joyeux et coquin des Pays de Savoie.


Départ des petits ramoneurs


Le ramonage était mal payé, mais les parents des familles pauvres devaient accepter que leurs enfants fassent ce travail. Départ le jour de la Saint-Gras et retour l'année suivante, à la belle saison. Dès 6 ans, les enfants sillonnaient à pied les routes de France, avec le maître ramoneur qui les a enrôlés...

Ils ramonaient avec un hérisson, mais ils pouvaient aussi grimper à l'intérieur du conduit de cheminée pour la racler. En arrivant en haut, ils criaient « Haut en bas ! ». Une échelle de 2 mètres leur permettait d'accéder à l'ouverture en bas de la cheminée. La suie, récupérée dans des sacs, était revendue à des usines.

Le maître ramoneur imposait 14 heures de travail par jour toute la semaine. S'ils voulaient aller à la messe le dimanche, ils devaient en acheter ce droit à leur patron. Les maîtres ramoneurs étaient, la plupart du temps, d'anciens ramoneurs trop grands pour grimper dans les cheminées et se trouvaient responsables d'une équipe de 3 à 6 enfants, appelés « Farias ». Tous travaillaient pour un patron.


Petits ramoneurs savoyards

L'argent récolté, était récupéré intégralement par le maître ramoneur. Et souvent, il battait les enfants pour prendre aussi leurs pourboires. Il était chargé de fournir des vêtements neufs, de leur donner un logement, une paire de chaussures et le matériel de travail. Quand ils rentraient, en mai, le maître reversait aux familles une somme d'argent, équivalente au prix d'un veau.


Malheureusement, il arrivait que les petits ramoneurs meurent de froid ou la tête fracassée lors d'une chute. Fréquemment, ils contractaient des maladies respiratoires et devenaient allergiques ou aveugles à cause de la suie.

Pour finir, les lois françaises de 1874 et de 1892, relatives à l'emploi des enfants, découragèrent les maîtres ramoneurs à employer tous ces pauvres enfants en bas âge et les obligèrent à changer leurs méthodes de travail.

Avec eux ont disparu ces migrations savoyardes, qui néanmoins survécurent quelques temps encore de l'autre côté des Alpes, chez nos voisins Piémontais.




https://www.123savoie.com/petit-ramoneur-savoyard/

https://www.hautesavoiephotos.com/ramoneur.htm


Dernière édition par Admin le Mer 16 Jan - 11:02, édité 2 fois
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Re: RAMONEURS SAVOYARDS

Message par Admin le Mer 26 Déc - 22:50





Besogne de gagne-misère plus que métier, itinérante et saisonnière, masculine, en groupe. Surnoms: le ramona, le ramonicha. Les petits ramoneurs itinérants, les commis des bougnats et les grâleurs de marrons étaient appelés également les "hirondelles d'hiver", parce que leur passage, au déclin de l'automne, annonçait l'imminence des froidures. Saison des ramonages: de Pâques à la Toussaint, quand l'âtre ne servait plus à chauffer les pièces à vivre. On sait qu'en Alsace, les cigognes se plaisent àcoiffer de leur nid les souches de cheminée.



Les ramoneurs ne passaient dans les villages qu'après l'envol des cigogneaux.


Le maître portait un habit de drap noir orné d'une double rangée de gros boutons dorés. Il se coiffait d'un chapeau haut-de-forme. Le ramoneur finissait d'user des penailles qui lui laissaient une grande liberté de mouvement; il se coiffait d'un bonnet de laine, qu'il s'enfonçait jusqu'aux oreilles, et marchait pieds nus dans de méchants sabots. Protection de travail: les manchons et les genouillères de cuir. Maladies professionnelles: l'arthrite des rotules. La quasi-totalité des cheminées étant basses, on ne pouvait les écouvillonner qu'en s'agenouillant. La tumeur dite "des ramoneurs". Ce cancer débute généralement par une affection du scrotum ou des testicules. Outils: des cordes, une large raclette rectangulaire en fer, la brosse hérisson.

Les petits Savoyards...



C'était ainsi, jadis, qu'on désignait les garçonnets d'une dizaine d'années, tout fluets, qui grimpaient dans les conduits de cheminée, en varappe, afin de les nettoyer. Ils n'étaient pas tous originaires de Savoie, contrairement au nom qu'on leur attribuait. Certains remontaient d'Auvergne, mais la plupart venaient du Piémont, principalement de la vallée d'Aoste qui, par-delà le col du Petit-Saint-Bernard, prolonge la Tarentaise. Durant la belle saison, ces enfants gardaient les troupeaux sur les pâturages alpestres; aux premières neiges de l'automne, ayant descendu le bétail vers les étables, ils ne trouvaient à s'occuper qu'à de menues besognes. C'était alors qu'un maître ramoneur, vêtu du paletot d'un monsieur qui inspirait confiance, passait par les villages et enrôlait son contingent de jeunes "ramonas". Aux mères, le fringant parleur promettait une poignée d'argent et autant de bouches en moins à nourrir; aux mioches, il assurait le pain et la pitance. Ces arguments, tentants, suffisaient à convaincre les parents indécis : les maisons modestes laissaient partir leurs rejetons vers les pays d'ailleurs.


Les conditions d'existence des petits Savoyards étaient si pénibles que les maîtres ramoneurs furent souvent comparés à des croque-mitaines, à des trafiquants de négrillons. Le plus ordinairement,ce patron n'était qu'un affreux négrier qui, pour augmenter ses bénéfices, tuait de travail ses jeunes ouvriers et, dans leurs moments de loisir, les obligeait à mendier sur la places publiques. Lorsque, à la nuit, les petits mendiants rentraient au gîte, ils vidaient leurs poches entre les mains du maître: si celui-ci jugeait que la récolte de gros sous n'avait pas été suffisante, il saisissait un bâton et frappait rudement sur les pauvres épaules déjà bleuies de froid, amaigries par les mauvais traitements et les privations de toutes sortes.



Ces gamins misérables allaient souvent par deux. Mal fagotés dans des guenilles encroûtées de suie grasse, ils étaient aussi maigrichons qu'un cent de clous et plus noirauds que des diablotins échappées de l'Enfer. Le patron les nourrissait chichement, disait-on, pour que, n'engraissant point, ils pussent facilement se faufiler dans les cheminées. En Savoie, la tradition orale ressasse de cruelles anecdotes à ce propos. On raconte que plusieurs de ces sombres lutins, ayant épuisé leurs forces en journée pour qu'un bon feu chauffât les bourgeois, furent retrouvés au matin du lendemain, morts gelés, dans le recoin d'une grange ouverte à tous vents.




Le ramonage d'un conduit s'effectuait, en principe, tous les deux ans. Les cheminées d'autrefois se nettoyaient d'elles-mêmes. Elles étaient jointoyées au sable, de sorte que le "bis", le goudron, finissait par se décoller de lui-même. Mais dans les constructions dont les arêtiers de la charpente ou les solives du plancher traversaient le conduit, une catastrophe était toujours à redouter. Une braise s'insinuait dans la gerçure d'une poutre, y couvait des heures et des heures, des jours parfois. Soudain elle explosait en un embrasement terrifiant, avec un vrombissement de moteur que rien ne pouvait stopper. Le feu se propageait immédiatement à l'ensemble de la bâtisse.



À la revoyure. Le paysan de naguère avait tôt fait de confondre le "ramonicha" et le "romanichel". Rien n'assurait le maître ramoneur de retrouver ses marques d'un passage à l'autre. Il suffisait d'un peu de retard dans sa tournée, du devancement d'un concurrent indélicat, pour qu'il se cassât le nez. Quand la perte devenait trop sérieuse, il s'obligeait à toquer à de nouvelles portes. Parfois même, il s'écartait de son circuit habituel pour s'attribuer un complément de clientèle. L'exercice n'avait rien de facile. Il fallait montrer patte blanche, malgré les traces fuligineuses qui lui noircissaient les mains. Il devait apprivoiser les gens qui ne le connaissaient pas. D'emblée, on se méfiait de l'étranger auquel on n'était pas habitué. Tout ramoneur parcourait ainsi maintes régions, les unes hospitalières et les autres moins.



En certains coins, les vieux lorgnaient les itinérants à travers leurs rideaux qu'ils gardaient tirés, sans entrebâiller leur huis, tandis que les ménagères affichaient d'un air suspicieux, prêtes à lâcher le chien, comme si elles voyaient un voleur de poules. Une maison n'était acquise qu'après plusieurs essais concluants. Quand l'habitant n'avait qu'à se féliciter du service, la cause était gagnée. Le patron ne quittait jamais un village sans signer et dater son passage. Les marques étaient inscrites, à la sanguine, sur un mur de la première maison.


http://www.histoire-en-questions.fr/metiers/ramoneurs.html
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