Qui connaît " faire chabrot " ?

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Qui connaît " faire chabrot " ?

Message par Admin le Dim 30 Déc - 17:17


Manger un mélange de soupe et de vin.

ORIGINE

Cette expression est typiquement paysanne et propre au sud-ouest de la France. Le chabrot, terme issu du latin " capreolus ", rappelle la façon dont les chèvres lapent leur eau, comme certains finissent leur soupe à grandes goulées.




[url=Avant de verser le vin dans son assiette, il est d'usage de remplir à hauteur de la cuillère ©️ LA RUCHE ]Avant de verser le vin dans son assiette, il est d'usage de remplir à hauteur de la cuillère ©️ LA RUCHE [/url]



Le chabrot a été fait régulièrement pour des soupes comme la bréjaude ou la garbure2. Cette action nécessitait l'usage du récipient traditionnel utilisé pour servir les soupes, soit un bol profond de forme sphérique, soit une écuelle3. Il était le plus souvent sans poignée, en terre cuite, de forme bombée et quelque peu étroit3.

Le Périgourdin fa chabròu ; en Limousin on fait chabrot ; tandis qu'en Provence, Frédéric Mistral explique que cabroù est issu du latin capreolus. Faire chabrot, c'est donc « boire comme une chèvre ». Dans le Poitou et en Saintonge, on utilise aussi le mot « godaille ». En gascon, on utilise aussi le terme goudale (graphie des félibres) ou godala (graphie occitane) (probable métathèse de goulade, « goulée »4).

Cette pratique était autrefois courante et perdure aujourd'hui encore , notamment chez les personnes âgées en milieu rural. Il semblerait qu'elle ait aussi existé au nord de la Loire : dans le dernier volume de la Chronique des Pasquier, Georges Duhamel parle d'une pratique déjà ancienne (« c'était une coutume de mon père ») qu'il appelle le champorot et qui est le chabrot.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Chabrot
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Re: Qui connaît " faire chabrot " ?

Message par Admin le Dim 30 Déc - 17:24

Faire Chabrot : Partage et tradition culinaire


De passage en Dordogne, à l’occasion du « Pot au feu » associatif en soutien pour les orphelinats cambodgiens parrainés par le CED, dont les besoins cette année sont accrus de par les inondations qui sévissent. Cuisine hors
d’usage, la nécessité de se fournir en alimentation déjà préparée et la flambée du prix du riz ‘base de tous leurs
repas), les dons furent les bienvenus. Succès , cette année encore . Pour la dixième édition , dernier dimanche d’octobre 2012, une troupe de danse d’apsara ( danse traditionnelle de la région dont sont issus les enfants ) serait la bienvenue. Gite et couverts garantis, si vous vous reconnaissez ou si , par le plus grand des hasards , vous pouvez en faire sortir d’un chapeau magique, faites le savoir .

De costume en coutume, faire chabrot ou faire chabròl en est une antique occitane qui consiste, quand il reste un fond de soupe ou de potage à ajouter dans l’assiette du vin rouge pour diluer ce bouillon puis de porter le plat à labouche, et à l’avaler à grandes goulées.

C’est donc de faire un mélange. L’origine probablement empruntée à l’espagnol « champurro » ( mélange de liqueur ) est un dérivé de « champurrar » ( mélanger un liquide avec un autre ) . On emploie d’ailleurs en Franche-Comté, est retrouvé le mot « champoreau » l’équivalent de « bistouille » dans le Nord de la France et en Belgique. L’influence de l’occitan du nord « chabru » ( chèvre ) n’est d’ailleurs pas à exclure. Le mot belge « carabistouille » ( sornette, baliverne ) vient probablement de la fusion de chabrot et de bistouille.

Pourquoi donc me direz-vous, la « chèvre » se mélangea avec la « sornette » ? Tout simplement parce que sornette vient du latin sordere « être sale », être méprisé ». Et c’est là que l’expression prend tout son sens maritime, puisqu’une fois encore il s’agit d’une regrettable aventure, celle du matelot Champurrar Di Castro ( 1559-1586 )
qui servit dans l’Invincible Armada et qu’on appelait : la chèvre. Imaginez le sort que les équipages espagnols réservèrent à ce malheureux garçon. Il fut adopté en 1584 par une famille franc-comtoise qui le surnomma « Carabistouille » du fait qu’il fut méprisé et servit les instincts les plus sordides ( sordere ) des marins espagnols.

En Bourgogne, Corrèze, Haut Quercy, Berry ,Limousin ,dans l’ Indre et jusqu’au massif central. En Poitou on utilise le mot « godaille « , en gascon: » goudale « . Aujourd’hui, considéré comme un geste rustique et rural, mais peut, dans certaines occasions, se pratiquer dans tous les milieux, dans un esprit de connivence et de convivialité…


D’abord, pourquoi faire chabrot ? Comme le vin dégraisse et que nos chabroteurs n’avaient pas de liquide vaisselle, ce geste est un début de nettoyage de l’assiette, que l’on termine avec du pain. Dans le Berry , comme le précise un internaute du cru, il est d’usage de retourner ensuite son assiette pour manger le fromage sur l’autre face.

Mais pourquoi « boire comme une chèvre » ? Daphnis, chevrier dévoué avant les histoires qu’il a eues avec Aphrodite, peuchère , nous livre le secret : Comme il faut passer l’Achéron pour le voir, la réponse se fait attendre mais ,elle est simple, comme toutes les bonnes explications. Les chèvres aspirent les liquides plus qu’elles ne les lapent. Cela contribue, avec leur tendance espiègle à vouloir goûter à tout ce qui leur passe sous le museau, à considérer qu’elles manquent de bonnes manières. Donc on porte l’assiette à sa bouche, on boit en aspirant, et on rejette le geste sur la chèvre pour s’en départir.

De la chèvre à « face de bouc « , sketch des Bodin’s (duo comique Maria la mère Terroir et son fils Christian, vieux garçon naïf, joués par 2 comédiens de Touraine. Chaque année un spectacle à Descartes, près de chez eux, Abilly se joue à guichet fermé devant de très nombreux fans, des milliers parait-il !!), il n’y a qu’un clic.

Le charabia informatique vaut bien parfois une lampée de tradition, un geste du patrimoine français. Gastronomie et bonnes manières pour l’UNESCO, revendiquons de faire chabrot sans passer pour pièce de musée, rite ancien ou mythique. De la profondeur anthropo -sociale de cette union de folie et sagesse que de marier en convivialité vin rouge et bouillon gras ou l’art de faire rougir son vermicelle et de le faire chanter en l’aspirant.

Photographies et texte (librement détourné d’un site internaute ami et accomodé à la sauce) pascale lafraise
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